Le malaise des universités traverse non seulement celle de Caen mais elle semble devenir un mode "habituel" du management.Exemple du récent cas révélé à Rouen

Harcèlement, épuisement professionnel : les services administratifs de plusieurs facultés de Rouen sont touchés par des arrêts maladie. Deux pétitions ont été lancées.

Enquête. « Aujourd’hui, je me soigne et j’espère revenir sans souffrance. » Isabelle* travaille depuis plusieurs années au sein d’un service administratif de l’Université de Rouen (Seine-Maritime). En mars 2017, elle a été mise en arrêt maladie par son médecin pour dépression. Des antidépresseurs lui ont été prescrits. Isabelle est à bout et a craqué.

« Des cas avérés de souffrance »

Depuis plusieurs mois, elle dit subir du harcèlement de la part de sa hiérarchie directe. À la mi-mars, d’après elle, son responsable lui a clairement fait comprendre que sa charge de travail avait fortement diminué depuis plusieurs semaines. « Je ne peux pas me laisser entendre dire que je ne travaille pas depuis un mois. Travailler dans ces conditions, ce n’est plus possible, je suis fatiguée, depuis le début de l’année, c’est la lutte », confie Isabelle.

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Ce cas de burn out n’est pas isolé. Des faits « inquiétants » ont en effet été signalés au sein des facultés de Sciences humaines et sociales et de Droit, sciences économiques et gestion. Plusieurs membres du personnel administratif seraient dans un état de burn out.
Depuis plusieurs mois, on suit ces dossiers. Il y a des cas avérés de souffrance au travail. Le nombre d’arrêts maladie est important dans ces deux unités de formation et de recherche (UFR) et on ne peut pas imaginer que ces situations ne soient pas corrélées aux conditions de travail. On est inquiet. Des collègues sont au bout du rouleau, juge Pierre-Emmanuel Berche, élu au conseil d’administration et responsable du syndicat FSU à l’Université de Rouen.

Deux pétitions

« Depuis septembre 2016, on constate un nombre important d’arrêts maladie en Sciences humaines et sociales, ainsi qu’en Droit. C’est une situation anormale », confie à Normandie-actu un enseignant-chercheur qui suit de près ce dossier. À deux reprises, une délégation du personnel a été reçue par la direction. Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail a été saisi à l’automne 2016. Une « descente » a eu lieu au sein de la fac de Sciences humaines.
Dans chacune de ces deux UFR, une pétition a également circulé, entre décembre 2016 et mars 2017, pour dénoncer ces cas supposés de harcèlement. À la fac de Droit, sur les 150 membres du personnel, 57 ont apposé leur signature. « Malgré tous ces signalements, on a l’impression que rien ne se passe. Les responsables de ces situations ne semblent pas inquiétés par la direction. Mollesse ou couverture ? », s’interroge une source bien renseignée.

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