Le recteur était accompagné des deux secrétaires généraux des deux académies, Caen et Rouen, ainsi que deux DASEN (Orne et Seine-Maritime) et des deux directeurs de cabinet des rectorats de Caen et Rouen. L'ensemble des organisations syndicales étaient représentées.

Cette réunion venait à la suite de la présentation au comité technique ministériel du 27 septembre d'un projet de décret qui permettra la nomination d'un recteur sur plusieurs académies.

Le recteur Rolland a affirmé vouloir "maintenir l'identité des deux académies", "ne pas vouloir faire d'économie d'échelle" tout en disant vouloir participer à une expérimentation où il serait nommé sur les deux académies simultanément. Une circulaire du 4 mars 2016 précise pourtant : "La mutualisation, qui peut prendre plusieurs formes, consiste à obtenir des gains d'efficacité et d'efficience par la mise en commun des moyens des services en jouant sur différents leviers, tels que la complémentarité, le regroupement et la spécialisation des expertises, les économies d'échelle, la mise en commun d'investissement (immobilier, systèmes d'information et numérique, etc.) et la dématérialisation des processus de gestion."

Au-delà de ce discours rassurant, le SNASUB-FSU a rappelé que les décrets sur les attributions des DASEN (décret du 5 janvier 2012), celui sur les régions académiques (décret du 10 décembre 2015) concentraient les pouvoirs entre les mains du recteur et permettaient dès maintenant de mutualiser-supprimer des services en créant des services interdépartementaux, des services interacadémiques et même des services interrégionaux. Le projet de décret en cours de validation va faciliter la mise en place de services interacadémiques puisque de tels projets ne feront plus l'objet d'un bras de fer entre deux recteurs (l'un cherchant à conserver un service de plein exercice quand l'autre le ferme ou l'affaiblit). Rappelons que la circulaire sur la mise en oeuvre des régions académiques de mars 2016 indiquait que les décisions devaient se faire au "consensus", car les recteurs n'avaient aucune relation hiérarchique entre eux, ce qui pouvait rendre inopérante la volonté d'un des deux recteurs de mutualiser tel ou tel service.

Le recteur Rolland expliquait en séance qu'un bilan de l'expérimentation sera rendu au ministère en janvier/février 2018 par l'inspection générale qui allait faire des propositions : mutualiser ou non de nouveaux services. Cela signifie ni plus ni moins l'accélération des mutualisations interacadémiques, créant les conditions d'une fusion.

Enfin, voici les nouveaux projets en cours en terme de rapprochement/mutualisation :
- pilotage rapproché des deux SAIO
- un seul Conseiller technique ASH, unique aux deux académies
- un seul Conseiller technique pour l'égalité filles-garçons, unique aux deux académies

Le projet de décret pour une nomination muti-académique d'un recteur doit passer en comité technique de l'enseignement supérieur le 4 octobre puis au Conseil d'Etat le 11 octobre. La majorité des syndicats (FSU, CGT, FO, SNALC, SUD) s'est prononcée contre la fusion des deux académies et l'expérimentation sauf l'UNSA qui a voté pour le projet de décret au CTM du 27 septembre. La CFDT s'est prononcée contre toute fusion ""sèche"" mais plutôt favorable à l'expérimentation.



Pour le SNASUB-FSU, l'orientation donnée aux différents décrets nous inspirent la plus grande crainte d'un rapprochement qui pourrait préparer la fusion par la chasse aux doublons. La mise en place de la DAFPIC, par exemple, mécontente le personnel qui se plaint de ne plus avoir de chef de service : le délégué académique et ses deux adjoints ont des missions interacadémiques, présent seulement 50% du temps à Caen et s'affirment peu présents dans les services. C'est pourquoi nous sommes contre la désorganisation des services, pour le maintien d'un service public de proximité et nous nous prononçons contre le projet de décret ainsi que la nomination immédiate d'un recteur à Rouen.