Le 3 juillet 2017, la section disciplinaire du Conseil Académique de l’Université de Caen Normandie a reconnu M. Stanislas Hommet, ancien directeur de l’École Supérieure du Professorat et de l’Éducation (ESPE), coupable de harcèlement moral et sexuel à l’encontre de membres du personnel et d’étudiant.e.s de l’ESPE et a prononcé à la majorité des membres réunis son exclusion de l’établissement (intranet : section disciplinaire dans Affaires Juridiques).

Cette décision est l’aboutissement d’un processus engagé depuis plus d’un an visant à dénoncer des actes graves perpétrés par un agent de la fonction publique d’État, nommé directeur d’une institution chargée de former les futur.e.s enseignant.e.s de l’Éducation Nationale et, par ailleurs, désigné vice-président délégué à la stratégie de communication de l’Université de Caen Normandie. Des membres du personnel, victimes des agissements de M. Hommet, se sont réunis en collectif afin de collecter l’ensemble des témoignages et ont saisi les représentant.e.s du personnel au Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT). Après la suspension à titre conservatoire de ses fonctions de directeur de l’ESPE et de vice-président de l’Université par l’actuel président, M. Pierre Denise, une enquête a été menée par l’Inspection Générale de l’Administration de l’Éducation Nationale et de la Recherche (IGAENR). À la lecture du rapport rendu par les inspecteur.trice.s – rapport auquel les représentant.e.s du personnel n’ont d’ailleurs pas eu accès malgré leur insistance –, la section disciplinaire du Conseil Académique a décidé de sanctionner M. Hommet.

Si les organisations syndicales signataires de ce texte ne peuvent qu’approuver cette décision, des interrogations restent néanmoins en suspens :

– En tant que fonctionnaire de l’Éducation Nationale, M. Hommet fait-il l’objet d’une procédure disciplinaire de la part du Recteur de l’Académie, Chancelier de l’Université et destinataire du rapport de l’IGAENR ?

– Étant donné que les témoignages recueillis à l’encontre de M. Hommet tendent à montrer que ses agissements s’étalent sur une période de plusieurs années, qu’en est-il des potentielles victimes ayant quitté l’ESPE avant la saisine du CHSCT ?

– Par ailleurs, eu égard à la longévité de M. Hommet dans l’institution et plus particulièrement à sa présence régulière dans les équipes dirigeantes successives de l’Université de Caen Normandie, qu’en est-il des éventuelles responsabilités individuelles et collectives de collègues qui auraient eu connaissance de ces actes graves et n’auraient pas agi pour y mettre un terme ?

– Enfin, dans la perspective de lutter contre ces pratiques de harcèlement moral et sexuel, quelles sont les mesures prises par la direction de l’Université de Caen Normandie ?

Les organisations syndicales signataires de ce texte, et leurs représentant.e.s en CHSCT, resteront vigilantes et mobilisées sur les suites à donner à cette affaire ainsi que sur toutes les atteintes à l’intégrité physique et morale du personnel et des étudiant.e.s.

Caen, le 06 novembre 2017

SUD Éducation, CGT FercSup, SNASUB-FSU et SNESup-FSU