Depuis septembre 2017, le choix de rapprocher les académies de Caen et de Rouen suscite des interrogations parmi le personnel. Au SNASUB-FSU, nous ne comprenons pas pourquoi il serait acceptable pour le personnel d’encadrement de renoncer à la défense de leurs emplois. Le service public est un tout. En s’en prenant au personnel d’encadrement, on touche au nœud de ce qui rend le service public opérant. Le personnel d’encadrement incarne la présence du service public, il anime et coordonne l’activité d’un service. Retirez un emploi de cadre et s’ensuit la dévitalisation d’un service.

Les conditions de travail et de vie des personnels d’encadrement nous importent tout autant. Voyez vos collègues des autres services de l’Etat, regardez comment ils sont traités depuis la réforme territoriale : moindre qualité dans les conditions de travail et qui se répercute dans la vie privée. Pour un certain nombre d’entre vous, le déclassement sera votre porte de sortie.

Mais au fait, pourquoi y a-t-il rapprochement/fusion des académies ? Initialement, il s’agissait d’avoir un interlocuteur unique « éducation nationale » devant le Préfet de Région et du Président du Conseil régional. Afin d’unifier la parole de l’Etat, le décret du 10 décembre 2015 instituait un « recteur de région académique ». Puis, il a été prétexté d’harmoniser des politiques différentes des deux académies pour des missions qui ont un lien avec celles de la Région. D’où la création de la DAFPIC (sans équivalent dans d’autres académies). Pour autant, il n’y a pas besoin de retailler les académies car seules 10% des activités rectorales ont un lien avec les missions des Régions. Mais pour les tenants du moins-disant en service public, il fallait aller plus loin. On mord désormais sur les 90% des activités n’ayant aucun lien… On se met à comparer toutes les activités des deux rectorats. Nous savons que certains d’entre vous sont allés, ou vont se rendre à Rouen, d’autres vont accueillir leurs homologues de l’autre académie. Nous vous demandons de ne pas faire de zèle, de ne pas anticiper des fusions de services ni même de mutualisations. Sachez qu’en 2008, la mutualisation académique des services des DEC et des Bourses (alors dans les IA) a été le prétexte pour réduire les effectifs.

Le SNASUB-FSU réaffirme son opposition à toute fusion. Les conséquences seront négatives pour les personnels, accentueront le sentiment d’abandon de certaines zones géographiques éloignées du centre de décision, rendront l’administration moins lisible et moins accessible aux usagers. Mobilité géographique pour les cadres, mobilité fonctionnelle imposée pour les autres (quid des agents non titulaires ?) et un service public amoindri. La fusion, c’est la chasse aux doublons (moins de cadres et moins de service public), la mise en place de services bi-sites avec à terme la concentration de missions de l’Etat sur un seul site. N’oublions pas que la circulaire du 26 septembre 2017 du Premier ministre envisage, à travers le Programme Action Publique 2022, des glissements de missions entre services publics, (y compris vers les collectivités publiques), des « transferts au secteur privé, voire des abandons de missions » pour l’ensemble des services de l’Etat. Tout ceci sur fond d’économie et de suppressions de 120 000 emplois dans la fonction publique. Défendez vos emplois, défendez vos conditions de travail ! Vous aurez l’assurance d’avoir le soutien du SNASUB-FSU.