La fusion des académies est un non-sens pour un service public de proximité

M. le recteur,

Vous nous conviez ce jour avec les personnels d’encadrement et de direction des deux académies afin de commencer la mise en œuvre de la réforme territoriale appliquée à l’éducation nationale.

Sachez que la fusion des académies est perçue négativement par une grande majorité de personnels qui craignent à juste titre des économies d’échelle, la réduction des effectifs à court ou moyen terme, la concentration des moyens sur quelques points du territoire.

Le projet de fusion, avec un calendrier de mise en œuvre au 1er janvier 2020, dénote d’une volonté d’avancer à marche forcée. Cette fusion verra, à l’instar de ce qui s’est passé pour d’autres services de l’Etat et pour la collectivité régionale, une perte d’expertise et de connaissance fine des spécificités de chaque territoire, au détriment de la qualité de la réponse de l’Etat aux nécessités de nos concitoyens, qui ont besoin, en particulier pour les publics les plus fragiles, d’un accès simple et de proximité aux services de l’Etat pour voir leurs droits assurés.

Les phénomènes de « doublons », soulignés par l’audit, entraineront nous en sommes convaincus la réduction du nombre des personnels affectés en services déconcentrés. Les fusions de services entre les deux Rectorats, imposeront l’obligation pour les personnels de se reconvertir vers d’autres missions ou de choisir une mobilité géographique. Les personnels vont y perdre leur identité professionnelle et voir l’expertise qu’ils ont développée au cours des années jetée aux orties. Les personnels d’encadrement de ces services bi-site deviendront des VRP, naviguant au gré de l’autoroute A13. Le bilan du fonctionnement du service bi-site de la DIAFPIC est négatif et représente le contre-modèle d’un véritable service normalement constitué.

Les EPLE verront leurs interlocuteurs de proximité perdre la connaissance fine des territoires et de leurs spécificités. Les besoins de Gisors à Cherbourg, et de Eu à Alençon sont spécifiques à chaque territoire et appellent une réponse adaptée pour les directions des établissements. Nous avons la crainte, au vu de ce qui a pu se passer pour les lycées avec les services du Conseil Régional, que l’on aille vers une uniformisation des réponses au mépris des besoins de chaque établissement ou bassin d’éducation. Les mutualisations, nous n’en doutons pas, transféreront des charges de travail vers les EPLE dont les personnels et les directions sont déjà à flux plus que tendu, à l’instar de ce qui s’est déjà produit. Vous trouverez donc le SNASUB-FSU, avec sa fédération la FSU, pour lutter contre la fusion des académies, pour promouvoir un vrai service d’éducation au plus près de nos concitoyens.


A TOUS LES COLLEGUES : continuez à signer et à faire signer la pétition contre la fusion des académies

- * : déclaration qui devait être lue à Deauville par le SNASUB-FSU mais qui n’a pu l’être. Le recteur nous avait donné l’assurance, à une réunion préparatoire le 24 août, de pouvoir intervenir 3 mn. Les syndicats des personnels de direction ont pu s’exprimer mais les syndicats des adjoints-gestionnaires et les personnels en services académiques n’ont pas pu… Les autorités académiques auraient pu avoir l’amabilité de nous prévenir ! Cela montre bien le peu d’intérêt qu’elles accordent aux personnels administratifs.