Motion du Centre Michel de Boüard- CRAHAM (UMR 6273)

Au vu des menaces nouvelles qui pèsent sur le monde académique et scientifique, nous, membres, chercheur.se.s, enseignant.e.s-chercheur.se.s, ingénieurs, assistant.e.s-ingénieurs, technicien.ne.s, membres associé.e.s, doctorant.e.s, post-doctorant.e.s, et contractuel.le.s du Centre Michel de Boüard- CRAHAM (UMR 6273) réunis en assemblée générale le 31 janvier 2020, exprimons notre inquiétude face aux premières orientations du projet de loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) 1, dont les rapports préparatoires viennent d’être publiés 2. Certains des constats et orientations (comme le financement de la recherche à hauteur de 3% du PIB) sont, certes, positifs. Néanmoins, nous soulignons que les premières propositions que le projet contient ne répondent en rien aux diagnostics et recommandations faits par le Comité National de la Recherche Scientifique ou encore par le collectif des Sociétés savantes 3, 4, 5, 6.

Cela témoigne d’une atteinte à l’idée même de consultation et de discussion contradictoire et d'un manque de considération envers les membres de la communauté ESR qui ont répondu aux demandes pressantes du CNRS lors de l’enquête préparatoire menée en avril 2019.

Nous constatons, en outre, que les propositions émanant des rapports préparatoires, au lieu de pallier la crise de l’ESR en traitant les causes profondes, ne peuvent, si elles sont appliquées, qu’aggraver le mal.

Nous nous opposons notamment :
– à toute politique visant à restreindre le système d’évaluation par les pairs pour lui substituer un pilotage non-scientifique, quantitatif et managérial ;
– à toute mesure visant à précariser davantage les acteurs et actrices de la recherche non titulaires ainsi que les étudiants et les étudiantes ;
– à tout développement des systèmes de vacations (y compris CDD et CDI de chantier) au détriment d’une extension du statut de fonctionnaire ;
– à tout renforcement de la conduite de la recherche par des systèmes d’appel à projets au détriment d’un financement pérenne et ambitieux ;
– au maintien en l'état des dispositifs d'incitation à la recherche partenariale et à l'innovation, dont la performance est très insuffisante (CIR en particulier) ;
– à toute accentuation des formes de compétitions (entre candidats, entre laboratoires, entre universités, entre disciplines), y compris l’octroi de « bonus » au mérite ;
– à toute dégradation du travail des personnels de gestion et d’administration ;
– à toute intervention d’entreprises dans la politique scientifique et la politique de formation des services publics de l’ESR.

Nous réaffirmons avec conviction notre attachement au service public de l’ESR et à la défense d’une politique réellement ambitieuse et libre en SHS, qui, dans le respect de la liberté de pensée et de réflexion du monde académique, ne soit pas soumise aux contraintes appauvrissantes de « demandes sociales » définies par le haut.

Nous nous inquiétons plus globalement d'une dégradation générale des services publics, et des conditions de travail de leurs agent.e.s.

Caen, le 31 janvier 2020

Adoptée par 100 % des 51 votes exprimés

1 https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid39124/loi-de-programmation-pluriannuelle-de-larecherche.html
2 http://www.af-rv.fr/wp-content/uploads/2019/07/CNRS-Propositions-LPPR-2019-0742.pdf
3 https://www.cnrs.fr/comitenational/Actualites/Propositions_Comite-national_Juillet-2019.pdf
4 https://ahcesr.hypotheses.org/1985
5https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/01/14/il-faut-donner-plus-de-place-a-l-expertise-deschercheurs-dans-le-debat-public-la-decision-politique-et-l-action-collective_6025851_1650684.html
6 http://sauvonsluniversite.com/spip.php?article8594

Motion du département des arts du spectacle

Le département des arts du spectacle s’oppose :
- à la réforme des retraites, qui se traduirait par une baisse inacceptable du niveau des pensions pour toutes les catégories professionnelles
- au futur projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche parce qu’il anticipe la réforme des retraites et qu'il constitue (d’après les rapports préparatoires) une nouvelle étape dans le démantèlement du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui dégraderait encore davantage nos conditions de travail et le développement de l’ESR public.

En conséquence, le département :
- demande aux différents conseils et à la Présidence de l’Université de Caen de défendre les statuts et les droits des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche en prenant position contre la réforme des retraites et contre les orientations données dans les rapports préparatoires au futur projet de loi LPPR,
- décide de ne pas tenir les jurys des diplômes qu’il est habilité à délivrer,
- décide de participer aux journées de mobilisation nationale.

Caen, le jeudi 24 janvier

Motion des membres du CERREV

(Centre de Recherches Risques et Vulnérabilités - EA 3918)

Le laboratoire CERREV (EA 3918), réuni en AG le 21 janvier 2020, appelle à la mobilisation contre le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Ce projet accroît encore la marchandisation de la connaissance et la précarisation de l’ensemble des personnels, titulaires ou contractuels, de l'Enseignement supérieur et de la recherche (ESR). En outre, il renforce les logiques tout à la fois managériales, quantophréniques et bureaucratiques au point d’anéantir la légitime autonomie du travail des chercheurs et l’idée même que nous nous faisons du service public de la recherche.

En effet, dans la perspective « darwinienne » et “inégalitaire” revendiquée par le « PDG » du CNRS Antoine Petit, vivement contestée au sein de la communauté́ scientifique, le projet de LPPR prévoit :
- le pilotage autoritaire et centralisé de la recherche et la mise en place d’une évaluation punitive conditionnant l’affectation des moyens à des indicateurs de “performance” des unités et des personnels ;
- la remise en cause des fonctions du CNU et du principe de collégialité́ et de l’évaluation par les pairs ;
- la remise en cause du statut des enseignant·es-chercheur·ses et des chercheur·ses avec la disparition de la référence aux 192h équivalent TD, l’introduction de modulations de service contraintes et des tenure tracks ;
- l’amplification de la contractualisation et de la précarisation dans l’ESR avec le CDI de projets, etc. qui affecteraient en premier lieu les BIATSS et ITA, mais aussi les chercheur·ses et enseignant·es- chercheur·ses, titulaires comme précaires ;
- le renforcement du financement par projet et la concurrence généralisée entre unités et entre personnels, notamment par l’amplification d’une logique de rémunérations individualisées (primes) ;

Cette réforme, dont nous dénonçons la parodie de concertation menée par le Ministère, s’inscrit dans un contexte plus large de destruction de l’ensemble de nos services publics, notamment de l’éducation, et de notre système de protection sociale (assurance chômage, retraites). A ce titre, notre mobilisation est pleinement solidaire du mouvement social en cours contre la réforme des retraites.

En conséquence, l’Assemblée Générale invite l’ensemble des membres de l’EA à :
1. pratiquer la grève de la recherche : suspendre les activités scientifiques (annuler, reporter ou transformer les colloques et journées d’étude, suspendre le travail d’expertise et d’évaluation, organiser des actions dans les différentes instances de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, etc.) ;
2. relayer à l’échelle des composantes la mobilisation sous la forme de différentes actions (réunions d’information auprès des étudiants, grève des enseignements en les remplaçant par des débats, informations et discussions sur les réformes en cours, etc.) ;
3. interpeller la direction de la recherche de notre établissement et les candidats à la présidence de l’Université de Caen Normandie
4. participer aux caisses de grève comme aux AG interprofessionnelles et intersyndicales.
5. participer aux « états généraux des facs et labos en lutte » des 1er et 2 février

Motion du département de Philosophie

Suite à leur réunion du 15 janvier, le département de philosophie, conformément au vote de l'AG des personnels de l'université de Caen tenu le même jour, a décidé la rétention des notes et la non réunion des jurys du premier semestre, afin de manifester son opposition à la réforme des retraites, la LPPR et la réforme du CAPES.

Motion de l’AG du personnel du département de Géographie

Dans le contexte actuel, où pèsent de graves menaces sur les services publics (éducation, recherche, santé, justice, transports, etc.), et au-delà de la seule question des retraites – puisque s’annonce la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) –, nos statuts, nos missions et nos conditions de travail sont gravement menacés. Les conséquences de ces réformes ne pourront être que désastreuses pour les usagers, au premiers rangs desquels les étudiants, et renforceront la précarisation et la paupérisation de la jeunesse.

Conscient.es de la nécessité de soutenir et de participer au mouvement en cours contre la réforme des retraites et la LPPR, les membres du département de géographie de l’Université de Caen réuni.es le 24 janvier 2020 en assemblée générale, appellent :
- au retrait du projet de contre-réforme des retraites et à l’abandon des orientations annoncées dans le cadre de la LPPR ;
- à soutenir le mouvement de grève en cours dans les Universités et laboratoires de recherche et à abonder les caisses de grève déjà constituées ;
- à participer massivement aux actions organisées à l’Université et en dehors (débrayage, manifestations, occupations, etc.) ;
- à s’impliquer dans les actions de l’Université Alternative de Caen et à transformer les cours en espaces de débats et de discussions avec et entre étudiant.es ;
- à ne pas faire remonter les notes à l’administration et donc à ne pas tenir les jurys ; - à ne pas assurer les présidences de jurys de Bac ;
- à participer aux assemblées générales de personnels et d’étudiant.es ;

Nous appelons donc les collègues à nous rejoindre dans l’action et à intensifier la mobilisation. La prochaine assemblée générale des personnels de l’UFR SEGGAT aura lieu le mardi 28 janvier 2020 à 10h dans l’amphi physique (bâtiment A).

Adoptée à l’unanimité le 24 janvier 2020

Motion de l’AG du personnel de l’UFR SEGGAT
(Sciences économiques, Gestion, Géographie et Aménagement des territoires)

Dans le contexte actuel, où pèsent de graves menaces sur les services publics (éducation, recherche, santé, justice, transports, etc.), et au-delà de la seule question des retraites – puisque s’annonce la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) – nos statuts, nos missions et nos conditions de travail sont gravement menacés. Les conséquences de ces réformes ne pourront être que désastreuses pour les usagers, aux premiers rangs desquels les étudiants, et renforceront la précarisation et la paupérisation de la jeunesse.

Conscient.e.s de la nécessité de soutenir et de participer au mouvement en cours contre la réforme des retraites et la LPPR, les personnels de l’UFR SEGGAT de l’Université de Caen réuni.e.s le 28 janvier 2020 en assemblée générale, appellent :
- au retrait du projet de contre-réforme des retraites et à l’abandon des orientations annoncées dans le cadre de la LPPR ;
- à soutenir le mouvement de grève en cours dans les Universités et laboratoires de recherche et à abonder les caisses de grève déjà constituées ;
- à participer massivement aux actions organisées à l’Université et en dehors (débrayages, manifestations, occupations, etc.) ;
- à s’impliquer dans les actions de l’Université Alternative de Caen et à favoriser les débats et discussions avec et entre étudiant.e.s ;
- à ne pas faire remonter les notes à l’administration et donc à ne pas tenir les jurys ; · à ne pas assurer les présidences de jurys de Bac ;
- à participer aux assemblées générales de personnels et d’étudiant.e.s ;

Nous appelons donc les collègues à nous rejoindre dans l’action, à rendre visible l’opposition à ces projets et réformes et à intensifier la mobilisation.

Adoptée à l’unanimité, le 28 janvier 2020.

Motion de l’AG du personnel du département d'études anglophones

Nous, membres du département d’études anglophones de l'université de Caen-Normandie, réuni.e.s en assemblée générale le 28 janvier 2020, nous opposons à l’idéologie des réformes en cours (loi de transformation de la fonction publique) ou annoncées par le gouvernement (retraites, LPPR, CAPES).

Nous estimons qu’en instituant une précarité généralisée à l'université, elles contribuent à détruire le service public de qualité auquel nous aspirons tous et à lui substituer un système injuste et inégalitaire. Après nos collègues de Bordeaux et de Montpellier, et pour les mêmes raisons, nous formulons donc les revendications suivantes :
- Rejet de la LPPR qui préconise de détruire le statut d’EC et généralisera la précarité des personnels de l’ESR ;
- Refus de l’introduction de CDD d’EC de 5 à 7 ans inspirés des tenure-tracks, dont nous pouvons mesurer les effets délétères dans les universités anglophones : mise en concurrence exacerbée, situation anxiogène contre-productive pour la recherche et l’enseignement, titularisation très tardive… si titularisation il y a ;
- Mise en place urgente d’un plan de recrutement massif de titulaires à la hauteur de l’augmentation du nombre d’étudiant.e.s et des besoins publics de recherche ;
- Maintien d’une procédure nationale de qualification des EC garante de l’égalité de traitement ;
- Retrait du projet de réforme du CAPES qui vide le concours de tout contenu disciplinaire et précarise les futur.e.s candidat.e.s ;
- Rejet d’un mode de financement de la recherche, reposant uniquement ou prioritairement sur des appels à projets.

Par ailleurs, nous estimons que l’université ne peut plus assurer ses missions en raison d’une politique de financement délibérément insuffisant et inégalitaire, dont les étudiant.e.s sont les premier.e.s à souffrir et qui entraîne de graves conséquences pour l’ensemble de la société.