La Cour des comptes a publié le 27 mai 2020 un rapport portant sur les médecins et les personnels de santé scolaire (1) : ce dispositif de santé, à la frontière entre la politique de santé publique et la politique éducative, connaît de nombreuses difficultés.

Le rapport constate une pénurie de médecins scolaires dont le nombre a chuté de 15 % depuis 2013 malgré un effort budgétaire soutenu : un tiers des postes ouverts restent vacants, engendrant une diminution forte du taux d’encadrement des élèves dans la majorité des départements.

Cette pénurie tient davantage à une absence de pilotage et d’organisation de l’activité qu’à un manque de moyens budgétaires. Aussi la Cour recommande de faciliter un rapprochement du corps des médecins scolaires avec celui des médecins de santé publique.

Elle recommande également de créer un service de santé scolaire dans les rectorats et les directions des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN) pour unifier l’intervention des personnels.

En effet, une approche sanitaire globale entre les médecins, infirmiers, assistantes sociales et psychologues de l’éducation nationale pilotée par l’inspecteur d’académie permettrait une meilleure coordination du travail de santé scolaire. De plus, un plan de service à l’échelle départementale permettrait une meilleure répartition du personnel dans les établissements du premier degré. Les missions du personnel de santé scolaire s’articulent principalement autour de la prévention et des dépistages obligatoires (consacrés lors de la 6ème année de l’enfant). Sur l’année scolaire 2018-2019, 58 % des enfants de six ans n’ont bénéficié d’aucun examen de dépistage obligatoire de l’éducation nationale. A cet égard, le rapport souligne l’importance d’une collaboration entre les services de santé scolaire et les agences régionales de santé (ARS) ainsi que l’assurance maladie.

La participation systématique des services de l’éducation nationale aux contrats locaux de santé permettrait aux personnels de santé scolaire d’utiliser le résultat des suivis médicaux de l’enfant déjà réalisés hors de l’école. La Cour propose de doter le ministère de l’éducation nationale d’un conseil de la santé scolaire qui agira pour « assoir sur des bases solides la collaboration des personnels et la coopération avec la médecine de ville. »

(1) Lire le rapport et les annexes